Dehors, il faisait gris. Non, en fait, il faisait noir. Je les voyais tous de ma fenêtre. C’était paralysant comme lorsqu’on apprend un décès par téléphone. On se retrouve là, seul avec le reste du monde et c’est comme cela que je le voyais, ce jour, aussi sombre que le monde dont l’ombre grisâtre envahissait mon bureau.
Ce n’était pas réel, non, encore une chose fausse, impossible que ce soit réel sinon, ce ne serait qu’un vilain cauchemar d’enfant…
La pluie devenait plus vive de minute en minute et je m’imaginais déjà le déluge prochain, la vengeance nouvelle de Dieu, le tout sous les douces mais mélancoliques notes d’un autre, laissé sur le côté de la route et qui n’avait plus que sa guitare avec lui. Lumno qu’il s’appelait, un vagabond en quête.
La pluie s’arrêta. Les gouttières se vidaient et les toits ruisselaient. Non, ce ne sera pas pour aujourd’hui, l’espèce humaine vivra un jour de plus. Dieu pourra nous admirer de ses hauteurs comme un artiste admire son œuvre de son pupitre où il dispense ses remerciements. Sadique ce Dieu tout de même, ce Dieu qui nous a créé pour s’amuser…
Cela signifie donc un jour de plus. Pitié, ne me faites pas ça ! Trop de douleurs, trop de souffrances, de cicatrices qui ne se referment pas. Pourquoi ça ? Tu ne le sais pas… Enfin si, ce serait logique. Tu me joues des tours sans arrêt.
Le temps s’embleuie depuis peu. Finalement, cela va peut-être s’arranger. Les nuages restent mais s’étendent. Je me demande comment tu nous vois d’en haut, avec cette condensation dans le ciel. Vision toute embrumée, ne viens pas pour autant nous hanter, on l’est suffisamment tout seul.
Des rayons de soleil au loin, c’est de la rigolade tout ça, forcément. C’est pourtant la fin de journée, léger ciel rougi de sang sûrement.
Les poignets au-dessus du lavabo, je ne veux pas salir dans ces derniers moments alors que pourtant, je suis en train d’en finir.
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